Sharp réaffiche son ambition grâce au soutien de Foxconn

Deux ans après l’arrivée de Foxconn dans son capital, Sharp retrouve le sourire et multiplie le lancement de produits et services pour mieux coller aux attentes des PME-PMI à l’heure de la transformation numérique.

Ginger Finnegan, directrice de la planification au Sharp Laboratories of America, déborde de projets pour relancer la compagnie sur fond de transformation numérique. (Crédit S.L.)

En direct d’Édimbourg. À l’occasion de la manifestation européenne Sharp Inspire 2018, nous avons pu nous entretenir avec les dirigeants de la société, aujourd’hui dans le giron de Foxconn. En difficulté depuis plusieurs années, la société japonaise été amenée à se tourner vers un partenaire pour assurer sa survie. Après d’âpres négociations, le géant chinois s’est finalement porté acquéreur en 2016 de 66% des actions de Sharp pour un montant de 3,8 milliards de dollars. Deux ans après, la compagnie affiche un visage serein avec une ambition renouvelée dans les secteurs de l’impression laser, de l’affichage dynamique et des solutions bureautiques à l’ère de la transformation numérique. Comme nous l’a confié Jason Cort, directeur de la division Product Planning & Marketing pour les systèmes d’information chez Sharp Electronics, « depuis l’acquisition de Sharp par Foxconn, le revenu global est en croissance et nous faisons de nouveau des profits. Nous avons désormais les moyens financiers pour poursuivre le développement de nouvelles solutions ». Comme nous l’a indiqué Bruno Humbert, DG de Sharp France, l’idée est de gagner 30% de business supplémentaires dans les activités display et print en proposant des services innovants.

Pour mettre en avant ses derniers produits dans l’affichage, la collaboration, l’impression et la gestion des documents et des workflows, Sharp a habilement mis en situation ses produits dans une entreprise fictive spécialisée dans l’architecture. Fer de lance – en termes d’image – de la société, les écrans tactiles et interactifs Big Pad se déclinent dans plusieurs tailles avec notamment un modèle 40 pouces exclusif exploité dans plusieurs scénarios. Du petit groupe de travail (jusqu’à 4 personnes) avec un PC portable connecté en WiFi miroir pour travailler de concert sur des documents, à un système d’accueil automatisé (développé avec Stino) avec impression des badges d’accès pour soulager le travail des hôtesses d’accueil.

Avec le concours de Stino, Sharp a repensé l’accueil des entreprises avec un système d’enregistrement des visiteurs. Un contrôle automatique de l’identité est également possible. (Crédit S.L.)

En complément de cette gamme d’écrans tactiles de 40 à 80 pouces, l’entreprise japonaise commercialise également des meubles spécialement conçus pour accompagner ses produits. Du support sur roulettes pour encastrer et déplacer un écran d’une salle à l’autre à un astucieux concept baptisé Cocoon avec deux canapés, une table de travail et un moniteur encapsulés dans un espace semi-cloisonné (voir illustration ci-dessous). La multiplication des open space conjuguée à la suppression des bureaux individuels pour réduire les coûts au m2, amène aujourd’hui les entreprises à aménager des espaces confidentiels pour travailler sur les projets sensibles. La conception de meubles pour les entreprises est issue de rachats de sociétés, notamment en Allemagne, qui avaient développé cette activité pour leurs clients.

Commercialisé 1 500€ HT, ce cocon entoure un écran tactile 40 pouces Big Pad de Sharp pour travailler en toute confidentialité. (Crédit S.L.)

Des solutions cloud pour les PME-PMI 

Bien décidée à accompagner la transformation numérique des entreprises, Sharp mise en Europe et en Amérique du Nord sur sa solution CPO (Cloud Portal Office) pour proposer plus d’automatisation dans la gestion des documents. Plusieurs outils sont aujourd’hui dédiés aux TPE et PME pour simplifier certaines procédures comme l’acquisition, l’indexation – avec Prism après reconnaissance de caractères – et l’acheminement numérique à la bonne personne des courriers papier entrant, mais aussi le traitement automatiser des flux de factures (scan et extraction avec alerte en cas d’impossibilité de reconnaître un caractère) avec insertion dans le workflow pour paiement à terme après approbation du manager. Développés avec des partenaires, CPO repose sur les ressources cloud d’AWS (localisées dans le datacenter de Francfort pour l’Europe), avec des instances dédiées où chaque client dispose de sa propre base de données avec ses propres politiques de sécurité. Sharp assure la certification avec les différentes réglementations européennes et notamment GDPR, nous a indiqué Jason Cort. Les tarifs démarrent à 10 euros par mois et par utilisateur avec un espace de stockage dédié de 15 Go en mode SaaS. Avec cette plateforme, Sharp se positionne entre les propositions basiques de Dropbox, Box ou encore Oodrive et les solutions de Docuware, spécialisée dans l’automatisation des procédures RH, financières et commerciales dans le cloud.

Pour encourager l’adoption des outils de visioconférence, Sharp mise sur un assistant personnel capable de programmer et configurer les réunions virtuelles. (Crédit S.L.)

Et le fournisseur japonais ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Lors d’une présentation réalisée à Édimbourg, Ginger Finnegan, directrice de la planification au Sharp Laboratories of America, a expliqué comment la compagnie entendait accompagner la transformation numérique dans les entreprises avec des assistants personnels pour simplifier la gestion de certaines tâches comme la réservation et le lancement d’une vidéoconférence, le support du protocole S3 d’AWS pour le stockage objet, l’intégration de la technologie blockchain, l’analytique appliquée à l’IoT et le développement de l’écosystème 8K pour proposer des services comme la télémédecine. Si les démonstrations avec les assistants personnels – notamment avec Smart Meeting Concept – se faisaient avec Amazon Echo, Sharp compte proposer son propre outil et, ce, dans plusieurs langues dont le français.

De multiples partenariats 

Un dernier mot sur l’affichage dynamique avec un partenariat intéressant avec une entreprise française : CityMeo. Basée à Toulouse, cette dernière, qui vient d’annoncer une levée de fonds de 2,5 millions d’euros pour développer son activité en Europe, permet de facilement créer – à partie de feuilles de style – des contenus qui sont ensuite poussés sur un espace cloud. Les écrans dynamiques, équipés d’un petit boitier sur base Raspberry Pi, n’ont plus qu’à se synchroniser pour télécharger les derniers messages à afficher, que ce soit dans des galeries commerciales, des espaces d’accueil et partagés dans les entreprises ou des points de vente. Plusieurs partenariats – non exclusifs nous a indiqué Jason Cort – ont été initiés  pour aider la compagnie à lancer plus rapidement ses solutions. Un retour sur le marché des smartphones – sur base Android – est même programmé en 2018, grâce au soutien industriel de Foxconn. 

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