Si Cisco supprime 5500 postes c'est pour mieux se transformer… vers le logiciel

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Malgré des résultats annuels satisfaisants, le géant californien des réseaux Cisco annonce la suppression de 5500 postes (7% de ses effectifs), en priorité aux USA et au Canada. Dans son communiqué, l’Américain explique vouloir « optimiser ses coûts dans les secteurs en faible croissance de son portfolio et investir davantage dans des activités prioritaires comme la sécurité, l’Internet des objets, la collaboration, les datacenters de nouvelle génération et le cloud ». Le géant californien poursuit de cette façon une indispensable transition vers le logiciel.

Le sens de l’histoire

S’il a été le champion des équipements réseaux (routeurs, switches…) jusqu’aux années 2000 et au-delà de la bulle Internet jusqu’à aujourd’hui, il doit s’adapter à une clientèle et à une concurrence qui a évolué. Ses clients se tournent vers des équipements standards, non spécifiques, et regardent de très près la virtualisation des réseaux. De quoi bâtir des infrastructures en grande partie logicielles, plus souples et adaptables, indispensables à la transformation numérique de ces entreprises.

Le logiciel dévore aussi les réseaux

Le matériel ne fait plus les beaux jours de Cisco. Le chiffre d’affaires de ses switches reste certes stable avec près de 15 milliards de dollars, mais ses routeurs reculent de 4% à 7,4 milliards de dollars. Et comme ses homologues du monde des télécoms, le Californien doit aussi faire face à l’arrivée de petits nouveaux dans son domaine, avec d’impressionnantes puissances de feu. Google ou Facebook sont ainsi de plus en plus enclins à s’aventurer sur son terrain de la connectivité. Comme Amazon ou Microsoft, ils ont conçu leurs propres infrastructures de datacenter, sans forcément passer par la case Cisco. Pis encore, ils en tirent aujourd’hui les leçons dans des projets d’équipement réseau qui pourraient bien concurrencer ce dernier.

Alphabet, Facebook, la concurrence venue d’ailleurs

C’est ce que Facebook, que peu de gens avaient vu venir sur un tel terrain, veut faire avec son Telecom Infra Project. Et bien loin du seul réseau social qu’il représente pour le plus grand nombre, il a même officialisé au printemps 2016 une division hardware flambant neuve ! Au sein de Building 8, il développe entre autres son atypique aile solaire de connexion par satellite, mais aussi Terragraph, un dispositif de maillage des villes en WiGig, le Wi-Fi de l’Internet des objets. Un caillou dans le précarré des smart grids de Cisco, par ailleurs…

Des modèles avec des effectifs plus faibles

Reste que ces entreprises se caractérisent par un modèle tout à fait différent de celui de Cisco. Ils ne produisent pour l’instant quasiment pas, au sens industriel du terme, et vivent de la rentabilisation publicitaire des données de leurs utilisateurs qui se comptent par milliards. Conséquence ? Des effectifs la plupart du temps bien plus légers qu’un industriel, fabricant de matériel, comme leur voisin de San Jose.

L’ancien du numérique (32 ans, un âge canonique pour la Silicon Valley, face aux 18 ans de Google et aux 12 ans de Facebook !) affiche un rapport entre son nombre d’employés et ses résultats très à l’ancienne, eux-aussi. 74000 employés pour 49,2 milliards d’euros de ventes annuelles et 10,7 milliards de dollars de bénéfices (+20%). Et une capitalisation boursière plus qu’honorable de quelque 154 milliards de dollars. Les géants du numérique comme Alphabet ou Facebook affichent d’imposantes capitalisations (respectivement 540 milliards de dollars et 350 milliards de dollars) pour des effectifs bien plus légers. 60000 personnes dans la maison mère de Google et seulement 15000 chez Mark Zuckerberg. Qui sait, Cisco cherche aussi peut-être à imiter ces modèles de pure players du numérique.

La stratégie de toujours : la croissance externe

Un calcul qui fait fi des conséquences sociales d’une annonce comme celle de Cisco et devrait plaire à la Bourse. Pour autant, celle-ci ne l’a pas accueilli favorablement et la considère sans doute d’abord comme un signe de mauvaise santé. Même si comme le note Industry Week, une proportion d’effectifs supprimés de « seulement » 7% est davantage le signe d’une évolution stratégique. Les analystes financiers pointent aussi du doigt les nombreuses acquisitions de l’équipementier. Une dizaine en seulement un an. Mais Cisco est un habitué de cette méthode d’évolution. Il maîtrise les règles de la croissance externe sur le bout des doigts. S’il lui manque une compétence, il l’acquière. C’est bien en intégrant des équipes comme celle de Jasper par exemple, acheté au printemps, qu’il continuera son développement dans l’Internet des objets.

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