Springer étend sa croisade contre les bloqueurs de pubs au mobile

La guerre est véritablement déclarée entre le groupe de presse allemand Axel Springer et les éditeurs de bloqueurs de publicité. En octobre dernier, l’éditeur de Bild, afin de protéger le modèle économique de son fleuron
qu’est la version en ligne du quotidien, prenait une décision drastique.

Désormais, les internautes dont
le navigateur est muni d’un adblocker voient s’afficher un message qui leur
propose deux solutions pour pouvoir accéder au site : désactiver leur bloqueurs
de pubs ou bien souscrire un abonnement payant 2,99 euros par mois qui donne
droit à un contenu quasiment dépourvu de réclames et un temps de chargement
jusqu’à 50% plus rapide.

30% des internautes allemands utilisent un bloqueur

Dans une déclaration publiée sur son blog, le groupe
de presse défend
son choix en expliquant que le journalisme en ligne doit reposer sur
l’un des
“deux piliers connus de revenus” que sont la publicité ou la vente. L’an
passé, le groupe Axel Springer à réalisé plus de 1,5 milliard d’euros
de revenus publicitaires. “Axel
Springer considère comme illégal le modèle économique des services de
blocage
de publicité”, peut-on lire dans ce texte. Le groupe allemand rappelle
qu’il a
notamment déposé une plainte contre l’adblocker EYEO.

Aujourd’hui, bis repetita, puisque le géant traîne en justice l’éditeur de Blockr qui se charge de bloquer les publicités, les cookies ou encore les boutons de partage depuis une page Web affichée sur un smartphone. L’argumentaire est le même : le plaignant estime que le modèle proposé par Blockr est illégal et entend obtenir de la justice l’interdiction de l’application et sa publicité. L’audience aura lieu début décembre.

Quelques
200 millions d’internautes ont utilisé un adblock l’an passé,
un chiffre en croissance annuelle de 40%. Conséquence : une perte
économique sèche de 22 milliards de dollars pour les éditeurs, assure
une enquête réalisée par Adobe et PageFair, une entreprise qui propose
des services pour lutter contre ces applications. Plus de 30% des
internautes allemands utilisent des adblockers mentionne ce document.

Rappelons qu’aux
Etats-Unis, le service de streaming vidéo Hulu et le Washington Post ont
pris des mesures similaires.