Sur Facebook, si vous êtes une femme, certains emplois ne sont pas pour vous

 

Facebook a de nouveau été accusé d’autoriser des publicités discriminatoires sur son réseau social. Mardi, l’Union américaine pour les libertés civiles et la Commission américaine pour l’égalité des chances en matière d’emploi ont porté plainte contre Facebook et 10 employeurs.

Le réseau social, comme ses clients, est accusé d’avoir ciblé illégalement des offres d’emploi sur le réseau social à destination uniquement des hommes, excluant les femmes et tout autre utilisateur. La Communications Workers of America et Outten & Golden, un cabinet d’avocats, se sont joints à l’ACLU.

La discrimination au coeur des outils publicitaires de Facebook

« Historiquement, les offres d’emploi séparées en fonction du sexe ont été utilisées pour empêcher les femmes d’accéder à des emplois bien rémunérés et à des opportunités économiques » réagit Galen Sherwin, avocate principale de l’ACLU. « Nous ne pouvons pas laisser le ciblage publicitaire sur Internet basé sur le genre donner une nouvelle vie à une forme de discrimination qui aurait dû être éradiquée il y a longtemps. »

La plupart des offres d’emploi qualifiées de discriminatoires concernaient des postes dans des domaines traditionnellement dominés par les hommes, selon Sherwin. Celles-ci comprenaient la toiture, la réparation automobile et la vente de pneus. L’association reproche également à Facebook d’avoir autorisé un ciblage publicitaire des candidats potentiels en fonction de leur âge.

Facebook a déclaré qu’il examinait la plainte. « Il n’y a pas de place pour la discrimination sur Facebook; elle est strictement interdite dans nos politiques et au cours de la dernière année, nous avons renforcé nos systèmes pour mieux nous protéger contre les abus » assure un porte-parole.

L’ACLU se penche pourtant depuis plusieurs mois sur les outils de ciblage publicitaire de Facebook. En plus de permettre aux annonceurs de sélectionner spécifiquement un sexe – homme, femme ou tous -, le « Lookalike Audience » de Facebook et les fonctionnalités de ciblage détaillées permettent également aux employeurs d’exclure les femmes, dénonce Sherwin.

Comme détaillé dans la plainte de l’ACLU :

Nombre de ces catégories, lorsqu’elles sont sélectionnées par les annonceurs en tant qu’inclusions ou exclusions de ciblage, catégorisent explicitement les individus en fonction de leur sexe ou auront un impact distinct selon le sexe et excluront de manière disproportionnée les femmes de la réception de publicités car directement liées ou fortement corrélées en fonction du genre. Par exemple, les options incluent des catégories telles que Papa célibataire, Mère célibataire, Maman poule, Mamans qui travaillent, Mère qui travaille, Mauvaises Mamans, Mères célibataires fortes!, Mère célibataire fière, Club des mères célibataires. En outre, bon nombre des options proposées reflètent les stéréotypes sexistes (par exemple en offrant la possibilité de choisir « mamans qui travaillent » et non « pères qui travaillent »).

Ces accusations interviennent seulement quelques semaines après la diffusion par Facebook de publicités jugées discriminatoires pour des logements. Le ministère du Logement et du Développement urbain a déposé une plainte contre Facebook en août, affirmant que le réseau social permettait aux propriétaires et aux vendeurs de biens immobiliers de cibler leurs publicités en fonction de leur race, couleur, religion, sexe, statut familial, handicap et code postal.

En août, Facebook a également supprimé plus de 5.000 catégories de ciblage publicitaire afin de limiter la capacité des annonceurs à exclure des personnes en raison de leur appartenance ethnique ou de leur religion. La société a également commencé à demander aux annonceurs de suivre un cours pour les sensibiliser à la « différence entre le ciblage publicitaire acceptable et la discrimination par la publicité. »

Article « ACLU accuses Facebook of running job ads that women can’t see » traduit et adapté par ZDNet.fr

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