Test du Galaxy S7 Edge : le nouveau mètre étalon des smartphones ?

Photo et vidéo

En plus de changer la pièce maîtresse du smartphone, le SoC, Samsung a également décidé d’une évolution très intéressante sur la partie photo : réduire le nombre de pixels sur une dimension de puce similaire (et même un peu plus grande puisqu’en 1/2,5 pouce contre 1/2,6 pouce précédemment) pour favoriser la taille des photosites. On passe ainsi de 16 à 12 mégapixels et de 1,12 à 1,44 µ de côté pour chaque photosite. Les gains théoriques sont une meilleure dynamique et une montée plus propre en ISO. Ce capteur photo est un IMX260, réalisé par Sony. Notez par ailleurs que Samsung revient à un ratio natif en 4/3 : exit donc le 16/9.

Outre la question de la densité de pixel, ce qui apparaît crucial ici c’est l’implémentation de la technologie Dual Pixel, étrangement proche du DualAF trouvé sur quelques reflex de Canon.

Quèsaco ? C’est un principe de fonctionnement où tous les photosites divisés en deux (24 millions de photodiodes de 0,7 µ de côté donc) peuvent être lus séparément afin de calculer une mise au point par corrélation de phase. La différence avec les autres systèmes autofocus hybrides qui n’exploitent qu’une faible quantité de pixels consacré à cela, c’est que 100 % des pixels servent ici à la mise au point. Ces photodiodes distinctes peuvent aussi être lues ensemble pour la formation d’image, sans nécessiter de traitement additionnel. En théorie, ce procédé se montre beaucoup plus rapide et efficace qu’une mise au point normale.

GalaxyS7 Edge5
Samsung Dual Pixel

Par ailleurs, la lentille stabilisée continue de gagner en luminosité (de f1,9 à f:1,7) et en grand angle (de 28 à 26 mm). Ce bloc est moins protubérant que sur le Galaxy S6, puisqu’il ne produit désormais qu’une surépaisseur de 0,46 mm. En fait, c’est surtout le téléphone qui est plus épais… En façade, Samsung reste sur un capteur de 5 mégapixels avec fonction auto HDR et une focale de 22 mm, mais l’ouverture passe elle aussi de f:1,9 à f:1,7.

Plus rapide que son ombre ?

Pour ce qui est de la rapidité, Samsung tient globalement ses promesses. D’abord, le déclenchement, latence comprise, descend au minimum à 0,10 s. C’est faible, mieux que les 0,15 s du Galaxy S6, mais pas exceptionnel non plus. Un Nexus 5X capture instantanément, un OnePlus 2 ne dépasse pas 0,05 s. S’il y a un bémol à formuler, ce sera donc celui-là.

Samsung Galaxy S7 af

La mise au point sur une plante, plus connue sous le nom d’autoficus…

La mise au point effectuée au doigt pour des besoins spécifiques n’est pas franchement plus nerveuse que sur un Galaxy S6. Et en particulier quand on la compare à un modèle doté du capteur Isocell, adoptant lui aussi un autofocus hybride. On note éventuellement une différence quand le focus doit passer d’un sujet très éloigné à un autre très proche, mais rien de significatif. Il faut bien rappeler que le Galaxy S6 compte toujours parmi les photophones les plus véloces. En revanche, c’est la constance de l’AF qui impressionne, y compris sur des sujets compliqués ou en luminosité ambiante faible. Et l’actualisation automatique permanente de la mise au point se montre si rapide qu’on ne la voit même pas opérer. Autrement dit, le Galaxy S7 est terriblement fiable !

Autre point amélioré : la rafale. Le Galaxy S6 n’avait pourtant pas à rougir avec ses 12 images par seconde sur 30 vues, mais là Samsung rehausse copieusement la barre avec 20 images par seconde sur 100 vues ! Et plus généralement au niveau de l’enregistrement des images, peu importe le mode choisi, rien ne semble pouvoir ralentir le Galaxy S7.

La qualité d’image

Le Galaxy S7 se montre nettement moins impressionnant en matière de qualité brute. Disons qu’il fait jeu égal avec son prédécesseur, ce qui est déjà pas si mal. La montée en sensibilité plafonne à 800 ISO, valeur à laquelle le Galaxy S7 se révèle moins propre qu’un Nexus 5X ou OnePlus 2. Pour exploiter pleinement ses images à 800 ISO, mieux vaut photographier en RAW. Rien de dramatique toutefois, sachant que dans la plupart des circonstances, le Galaxy S7 va faire en sorte de rester sous les 400 ISO. Sa bonne ouverture à F:1,7 combinée à la stabilisation optique efficace le permettent.

Nous sommes plus gênés par la mauvaise homogénéité de l’optique, avec des bords particulièrement peu piqués. Le passage à une focale plus courte (équivalent 26 mm) a donné semble-t-il du fil à retordre à Samsung. Le piqué au centre n’est pas non plus de haute volée, mais cela est imputable à la conversion Jpeg, parce que sur les RAW point de douceur. Samsung compense en partie par un contraste bien marqué qui donne du peps aux images. Au final, et en usage smartphone (visionnage sur écran, réseaux sociaux, instantanés, etc), le Galaxy S7 s’en sort très bien. Mais si on veut vraiment se montrer tatillon, nous dirons que Samsung a privilégié la mise au point à la qualité. Le rendu d’image est plus flatteur que précis pour résumer.

Galaxy S7 sans HDR
Samsung Galaxy S7 avec HDR

A gauche la photo sans HDR, à droite avec HDR

Les différents modes de prise de vue ne changent pas, exception faite du collage vidéo (on shoote quatre rush qui sont montés automatiquement ensemble en mosaïque) qui fait son apparition. Tous se montrent efficaces et rapides. On appréciera notamment la HDR et la panoramique à la volée.

Galaxy S7 panoramique

Quid de la vidéo ?

La vidéo est encodée exactement de la même manière que sur le Galaxy S6 : H.264 en 30 im/s à 17 Mbps pour du 1080p. Le smartphone propose aussi les modes 1080p à 60 im/s, Quad HD et Ultra HD à 30 im/s (pour cette dernière le débit d’encodage grimpe à 48 Mbps). Pas de changement donc sur la qualité d’image, très bonne en vidéo, en revanche le Galaxy S7 profite directement de son excellent autofocus et d’une combinaison de stabilisation optique et numérique incroyable. On croirait voir une vidéo sur steadycam. Attention en revanche, l’activation de la stabilisation numérique opère un recadrage assez conséquent : amateurs de grand-angle, il faudra éviter.

Un dernier mot ergonomique pour conclure ce chapitre : l’écran courbé en photo et vidéo n’est pas pratique du tout. Déjà, la tenue est plus glissante, mais surtout, le cadrage sur les bords s’avère tout à fait désagréable. Si le côté photo vous intéresse par-dessus tout, optez plutôt pour le Galaxy S7 non Edge, qui intègre exactement le même appareil photo.

Modifié le 10/03/2016 à 20h26

Performances et autonomie

Avec un processeur octuple cœurs aussi bien cadencé, un GPU à douze unités de calcul et 4 Go de RAM, on s’attend à disposer d’une petite bombe entre les mains. La réalité est conforme aux attentes : le Galaxy S7 Edge (et par extension le S7 qui embarque le même processeur) a de la ressource à revendre !

Les benchmarks renvoient des résultats sans surprise, avec un bémol cependant : les performances sous PC Mark ne dépassent pas celles du S6 : elles sont même un tout petit peu en dessous ! En revanche, sur Geekbench, l’écart est flagrant, nettement en faveur du Galaxy S7 Edge.

Pour ce qui est de la partie graphique, le Galaxy S6 est dans les choux sous 3DMark : le S7 double presque son score. Il dépasse également d’une tête le Snapdragon 810 du Nexus 6P.

Les bench, c’est une chose, et les performances réelles une autre. Là dessus, pas grand-chose à signaler, si ce n’est qu’on n’a constaté aucune mauvaise surprise. Tout est fluide et réactif, en tous cas en sortie de boite, et les jeux les plus exigeants tournent sans accroc particulier, sans qu’on remarque réellement d’écart par rapport au S6, en dehors d’un sentiment de fluidité légèrement supérieure sur l’ensemble de l’interface. En fait, pour vraiment mesurer ce que le S7 a dans le ventre, il faudra attendre des jeux qui n’existent pas encore, et qui exploiteront les API Vulkan.

Il faut tout de même noter une petite tendance au throttling constatée sur certains tests, comme Epic Citadel qui plafonne à 50 FPS. La bonne nouvelle c’est que même dans des tâches particulièrement gourmandes comme l’usage du Gear VR, le S7 semble effectivement moins chauffer que son prédécesseur, même si on est loin d’un smartphone tiède !

Autonomie

Equipé d’une batterie de capacité encore supérieure aux 3 000 mAh du S6 Edge+, le S7 Edge ne déçoit pas sur son autonomie, tout en restant en dessous d’un Huawei Mate 8. Avec le test assez gourmand de PC Mark, qui effectue des tâches bureautiques, de la lecture vidéo et des retouches photo avec un écran allumé en permanence à 200 cd/m2, le S7 Edge tient 8 heures et 40 minutes, soit 2 h 30 de plus que le S6 Edge.

Ce résultat est évidemment à nuancer : il s’agit d’un usage intensif, sans la moindre période de veille. En usage normal du téléphone, alternant des utilisations de l’écran et veille, on dépasse la journée d’utilisation sans problème, en tous cas sans aucune mauvaise surprise en soirée.

Modifié le 10/03/2016 à 20h26

Conclusion

Est-il vraiment surprenant de dire que le Galaxy S7 Edge est une réussite ? L’an dernier, Samsung était revenu au niveau de qualité qu’on attend de lui, avec deux smartphones au design très soigné, et aux performances au top. Le constructeur s’était quand même attiré les foudres d’une partie de ses utilisateurs en renonçant à l’intégration d’un slot microSD, et à une des innovations du S5 : son étanchéité (même mal implémentée).

Le S7 et le S7 Edge « rétropédalent » sur ces deux points et c’est tant mieux. La SD est de retour pour ceux qui en ont besoin, et le smartphone ne craint plus les éclaboussures, voire les plongeons en eau douce, et ce sans qu’on ait à recouvrir le moindre cache ou bien penser à ne pas laisser un coin du dos ouvert. Au passage, le S7 Edge se distingue réellement de son frère par une taille d’écran plus grande, sans trop sacrifier son ergonomie, et une batterie beaucoup plus importante. Certains regretteront toujours l’absence de batterie amovible, LG ayant trouvé une solution ingénieuse pour combiner design unibody et swap à chaud avec son G5. Chez Samsung, on continue à sceller.

Avec quelques innovations intéressantes – mais pas toutes convaincantes – sur la partie photo, et la promesse de performances jamais vues pour les jeux 3D, le nouveau haut de gamme de Samsung redéfinit le mètre étalon 2016 du smartphone. C’est simple : en matière de caractéristiques techniques, d’intégration de l’écran, de design, on ne trouve pas mieux actuellement. Cela dit, l’année ne fait que commencer !

GalaxyS7 Edge9

Le logiciel demeure toutefois le talon d’Achille du constructeur. Son interface s’éloigne parfois trop de l’Android « stock », qui nous paraît avoir atteint un niveau de maturité ne nécessitant plus de personnalisations de ce genre. Les applications doublons, certes un peu moins nombreuses, sont toujours impossibles à désinstaller complètement, tout comme les applications des partenaires comme Facebook ou Microsoft, et ça, c’est encore plus discutable ! D’autant plus que ces pratiques ralentissent la réactivité des mises à jour. Le Galaxy S6 commence à peine à avoir Marshmallow, six mois après la sortie de ce dernier.

Si vous êtes capables de faire abstraction de cette couche logicielle parfois encombrante, et de bords incurvés dont l’utilité reste limitée au-delà de l’esthétique, le Galaxy S7 Edge est indéniablement un très bon, voire un excellent smartphone, et sans doute un des terminaux 5,5 pouces les plus agréables à prendre en main.

Samsung Galaxy S7 Edge

Les plus

+ Design élégant – grand écran bien optimisé

+ Retour de l’étanchéité et de la SD

+ Très bonne autonomie

+ Appareil photo fiable et réactif – stab vidéo

Les moins

– Ecran incurvé : joli, mais peu pas toujours pratique (photo, vidéo…)

– Prix élevé (malgré une petite baisse)

– Interface surchargée / bloatware

4.5

Modifié le 10/03/2016 à 20h26

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