Test du Huawei Mate 8 : le meilleur smartphone 6 pouces ?

Fort de belles réussites récentes comme le Honor 7 ou le Nexus 6P, Huawei revient avec le successeur du Ascend Mate 7, soit une phablette 6 pouces équipée d’une batterie des plus endurantes, qui reprend la formule de son prédécesseur en affinant encore un peu son design, tout en promettant de meilleures performances. La bonne surprise de ce début d’année ?

Design et ergonomie : un Mate 7 finement optimisé

Avec le Ascend Mate 7, Huawei avait commencé à faire la démonstration d’une certaine montée en gamme, confirmée par le Huawei P8 ou le Honor 7. Le Mate 8 ne change pas grand-chose à cette formule, déjà bien optimisée. Loger un écran 6 pouces dans un design d’une telle finesse était une belle performance, et elle demeure impressionnante : les modèles 5,5 pouces presque aussi larges ne sont pas rares.

Les lignes du smartphone se sont un peu adoucies par rapport au Mate 7, et le métal a gagné du terrain. Alors que les parties haute et basse étaient entièrement en plastique, la bordure du Mate 8 est en aluminium, encerclant deux fines bandes en plastique pour laisser passer les antennes. Les différentes parties sont très bien intégrées, donnant vraiment l’impression d’un dos 100% métallique. Au passage, les grilles du haut-parleur sont désormais situées sur la tranche inférieure, et non plus au dos.

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Le capteur d’empreinte digitale, toujours situé sous l’appareil photo, est désormais circulaire. Son placement, comme sur les derniers Nexus, a des avantages et des inconvénients. On y accède facilement, puisqu’il tombe directement sous l’index lorsqu’on tient le terminal. En revanche, un capteur frontal permettrait de déverrouiller avec le pouce, ou quand le téléphone est posé sur une table.

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Dans l’ensemble, on est tout de même assez séduit par la prise en main, jamais vraiment inconfortable malgré la grande taille de l’écran. Utiliser le Mate 8 à une main est évidemment délicat en toute situation, mais il semble difficile de faire mieux sur cette diagonale.

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Composants : un Kirin enfin à la hauteur ?

Le Huawei Mate 8 intègre un processeur Kirin 950, la dernière puce de la division HiSilicon de Huawei. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, et le constructeur chinois applique la recette de Samsung ou Apple. Jusqu’à maintenant, malgré des progrès constants, Huawei n’a jamais réussi à se hisser au rang de ses concurrents, mais le Kirin 950 a tout pour y parvenir.

Gravée en 16 nm, la puce 64 bits intègre quatre cœurs Cortex-A72 cadencés à 2,4 GHz et quatre Cortex-A53 à 1,8 GHz. Côté graphique, le Mali-T880 MP4 à 900 MHz promet des performances nettement supérieures à celles constatées sur les Kirin précédents, notamment celui du P8, qui nous avait franchement laissés sur notre faim.

L’écran n’a pas beaucoup bougé depuis le Mate 7, hormis l’adoption de la technologie IPS-NEO : 6 pouces de diagonale, et une définition de 1 920 x 1 080 pixels, qui pourrait presque paraître faible par rapport à certains concurrents, à l’heure où même le Galaxy S6 intègre une dalle QHD. En vérité, ça n’a aucune importance. Une fois pour toutes, le Full HD est largement suffisant pour n’importe quel smartphone, d’autant plus que, comme souvent chez Huawei, l’affichage est de très bonne qualité.

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Huawei décline son smartphone en deux versions. La première intègre 32 Go de stockage interne et 3 Go de mémoire vive, alors que la seconde double la capacité à 64 Go, et passe la barre des 4 Go de RAM.

Compatible LTE Cat 6, le smartphone gère toutes les bandes 4G françaises, y compris le 800 MHz parfois oublié par les constructeurs chinois.

Ne trahissant pas la très bonne réputation des Mate en matière d’autonomie, Huawei a équipé le Mate 8 d’une batterie de 4 000 mAh.

À l’usage : EMUI et Marshmallow font-ils bon ménage ?

Le Mate 8 est le premier smartphone Huawei à sortir sous Android Marshmallow, accompagné de la nouvelle version 4.0 de l’interface EMUI. L’ergonomie, largement inspirée des dernières moutures de iOS, divise d’autant plus qu’elle s’intégrait jusqu’ici assez mal au look Material Design de Google.

Malgré son nom qui suggérait une révision majeure, EMUI 4.0 est en fait très proche de la version 3.1, à tel point qu’on se demande à première vue ce qui a changé, à l’exception de nouveaux thèmes, et l’ajout d’un mode pro pour l’appareil photo. Le principal reproche demeure : toutes les icônes sont affublées d’un rectangle au coin arrondi, qu’elles soient prévues pour, ou non. Par rapport aux précédentes déclinaisons de EMUI, Huawei a commencé à corriger manuellement certaines icônes, notamment celle des apps Google, mais le travail semble avoir été fait à moitié.

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Admettons que ce ne sont que des détails qui froisseront les puristes. Pour la majorité des utilisateurs, EMUI, c’est juste une interface qui ressemble énormément à celle d’un iPhone, avec quelques emprunts par-ci par-là à HTC ou Sony. C’est fluide, réactif, et les habitués de l’iPhone n’auront aucun mal à trouver leurs marques, sans être perturbé par la notion de tiroir d’applications, alors que les power users devraient avoir leur compte côté fonctionnalités additionnelles ou gestion des applications. Bref, on l’aura compris, c’est vraiment une question de goût !

Car une fois sorti de ces considérations, le Mate 8 est des plus agréables à utiliser. La lisibilité de l’écran, le plaisir de regarder des vidéos ou de jouer sur un écran 6 pouces, la prise en main franchement confortable pour un smartphone d’aussi grande taille, tout témoigne d’une belle (et rapide !) maîtrise de l’art de créer un bon terminal.

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On déplore tout au plus l’absence de haut-parleurs frontaux pour la lecture vidéo ou le jeu sans écouteurs. Comme le P8, le Mate 8 a du coffre, mais en mono, sur la tranche basse. La sortie casque nous a paru dénuée du moindre défaut audible, offrant une puissance respectable. Et les appels ? Rien à signaler sur ce point : le smartphone remplit très bien son rôle le plus basique.

Photo : encore des progrès à faire

Le Mate 8 est équipé d’un capteur 16 mégapixels avec stabilisation optique. La photo est un domaine dans lequel Huawei promet beaucoup et déçoit toujours un peu ; on se souvient des comparaisons abusives entre le P8 et le Galaxy S6 ou l’iPhone 6 lors de sa présentation, alors que son APN était en réalité loin de ces deux ténors.

Le Mate 8 fait mieux que le P8, notamment en extérieur, dans de bonnes conditions d’éclairage. Il demeure toutefois un peu en retrait par rapport aux meilleurs smartphones. Deux défauts apparaissent assez rapidement : des couleurs un peu fades, et une homogénéité des photos qui laisse à désirer. La différence de précision entre le centre de l’image et les bords est flagrante !

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Les performances en faible luminosité sont également assez dégradées avec des textures très adoucies et des couleurs là encore trop ternes.

Huawei mate 8 photo scene

Performances

On attendait beaucoup de la puce Kirin 950 : la division HiSilicon fait des progrès constants, même s’ils ne se sont toujours pas matérialisés par des performances vraiment dignes des plus grands appareils haut de gamme. Cette fois-ci, il semble bien que ce soit le cas. Le nouveau SoC de Huawei se distingue particulièrement dans les tests CPU, s’inscrivant dans une tendance déjà prometteuse. Cette fois-ci, il se paie le luxe de dépasser le Samsung Galaxy S6 sur deux tests, PC Mark et Geekbench 3.

En revanche, là où on avait toujours été déçu par Huawei sur la partie GPU, le Mate 8 efface en grande partie ce souvenir avec des résultats en net progrès. S’il lui manque encore un peu de pêche pour aller chercher le A9 de l’iPhone 6s sur certains tests OpenGL (notamment le Manhattan 3.0 de GFXBench), il se situe dans une moyenne garantissant de bonnes performances dans les jeux.

Et cette impression se vérifie en pratique : tout ce que nous lui avons fait tester tourne sans accroc majeur, en niveau de détail maximal, à l’exception de Riptide GP2 qui, pour une raison inconnue, plante dès les paramètres en essayant de pousser les détails à fond. Aucun problème, en revanche, avec Real Racing 3 ou Asphalt 8, ni bien entendu avec des jeux plus « casual ».

Autonomie

En digne successeur du Ascend Mate 7, le Mate 8 se devait d’assurer niveau autonomie, et c’est le cas, haut la main. En intégrant une batterie de grande capacité dans un smartphone puissant, mais non démesuré, Huawei a réussi à maîtriser sa consommation, et le résultat est sans appel. Même avec un usage très intensif de l’écran, on tient près de 11h, comme avec le test de PC Mark, qui simule un usage bureautique, vidéo, photo et surf avec un écran à 200 CD activé en permanence.

Il va sans dire qu’on peut, dans de telles conditions, dépasser allègrement la journée d’utilisation sans passer par la case recharge ou sans affubler votre smartphone d’une housse batterie.

Notre avis

Après un Ascend Mate 7 déjà réussi, Huawei remet ça avec un Mate 8 bénéficiant d’un design soigné, d’une autonomie au top, de performances satisfaisantes, et d’un très bel écran 6 pouces. Pour un utilisateur à la recherche d’un terminal grande taille, il est difficile de se tromper en optant pour le nouveau fleuron du constructeur chinois.

La qualité de l’appareil photo nous a toutefois laissés quelque peu sur notre faim, et fait partie des points qui lui empêchent de faire un sans-faute. Si les images produites sont de qualité plus que correcte, il est malgré tout en dessous des meilleurs, souffrant d’un manque d’homogénéité et de couleurs trop fades. On déplore également le positionnement du capteur d’empreinte digitale, qui a des avantages comme des inconvénients. Pouvoir déverrouiller son téléphone en l’attrapant, c’est sympa, d’autant plus que la réactivité est au rendez-vous. En revanche, le débloquer lorsqu’il est posé sur la table exige de le saisir. Un capteur frontal serait plus versatile. Question de goût, certains trouveront enfin que l’interface EMUI dénature trop Android. Malgré son inspiration ouvertement Applienne, on apprécie néanmoins sa fluidité et ses nombreuses fonctionnalités.

Ces reproches sont finalement assez mineurs face aux qualités du Mate 8 qui en font un des meilleurs smartphones « grand format » du moment, malgré un prix démarrant tout de même à 599 euros. Les utilisateurs soucieux du suivi des mises à jour et d’une expérience « pure Google » lui préféreront en revanche le Nexus 6P, également signé Huawei, un peu plus cher en temps normal, mais bénéficiant, jusqu’au 12 février 2016, d’une promotion qui le fait passer à 549 euros pour la même capacité de 32 Go, certes, sans slot microSD.

Huawei Mate 8

Les plus

+ Design fin (pour un 6 pouces)

+ Très bel écran

+ Autonomie à toute épreuve

+ Bonnes performances

Les moins

– APN un peu décevant

– Interface EMUI : faut aimer !

– Capteur d’empreinte au dos : pas toujours pratique