Trump bannit les équipements télécoms étrangers, Huawei et la Chine dans le collimateur

Trump bannit les équipements télécoms étrangers, Huawei et la Chine dans le collimateur

Le président américain Donald Trump a banni le géant chinois des réseaux Huawei en signant un décret exécutif qui stipule que les menaces d’adversaires étrangers contre les réseaux, la technologie et les services de communication constituent une urgence nationale.

Le décret, intitulé Securing the Information and Communications Technology and Services Supply Chain, interdit la participation d’entreprises étrangères jugées à risque dans les réseaux des opérateurs télécoms du pays. Un peu plus tôt cette semaine, des rumeurs ont circulé selon lesquelles le président Trump s’apprêtait à interdire Huawei.

« Le décret interdit les transactions qui impliquent des technologies de l’information et des communications ou des services conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes appartenant à un adversaire étranger, contrôlées par lui ou soumises à sa juridiction ou à ses directives, lorsque le secrétaire au Commerce détermine qu’une transaction constituerait une menace pour la sécurité nationale », a déclaré le ministère du Commerce dans un communiqué.

Cette mesure fait suite à une inculpation contre Huawei accusant l’entreprise chinoise d’avoir conspiré pour voler la propriété intellectuelle de T-Mobile et fait obstruction à la justice. Une autre accusation distincte comprenant 13 chefs d’inculpation contre la société et sa directrice financière Meng Wanzhou, a également été lancée.

Par ailleurs, l’administration Trump aurait incité des pays alliés à interdire Huawei en raison des liens présumés de l’entreprise avec le gouvernement chinois. En août 2018, le gouvernement australien a interdit Huawei.

Huawei dénonce des « restrictions déraisonnables »

Pour déterminer si la participation d’une entreprise étrangère constitue une menace à la sécurité nationale, le secrétaire au Commerce consultera le procureur général, les secrétaires du Trésor, de l’État, de la Défense et de la Sécurité intérieure, le représentant au commerce des États-Unis, le directeur du renseignement national, l’administrateur des services généraux, le président de la Federal Communications Commission et les dirigeants des autres organismes compétents. Tous rendront un rapport au président dans un an qui devra établir si les actions du décret sont suffisantes et doivent se poursuivre.

D’ici là, le secrétaire au Commerce est tenu de présenter au Congrès un rapport sur l’urgence nationale citée dans le décret et le directeur du renseignement national devra produire une évaluation dans les 40 jours. Le secrétaire à la Sécurité intérieure est également tenu de préparer une évaluation écrite sur les vulnérabilités du matériel, des logiciels et des services qui pourraient menacer la sécurité nationale des États-Unis dans les 80 jours.

Bien qu’il ne soit pas nommément cité dans le décret, Huawei a réagi à la nouvelle en estimant que ces « restrictions déraisonnables porteront atteinte aux droits de Huawei et soulèveront d’autres questions juridiques graves ». Dans sa déclaration transmise aux médias américains, le groupe chinois ajoute qu’ « interdire à Huawei de faire des affaires aux États-Unis ne rendra pas les États-Unis plus sûrs ou plus forts ; au contraire, cela ne servira qu’à limiter les États-Unis à des alternatives inférieures et plus chères. »

Source : Cnet.com