Un espion aurait utilisé une photo générée par une IA pour se connecter avec des cibles sur LinkedIn

Un espion aurait utilisé une photo générée par une IA pour se connecter avec des cibles sur LinkedIn

Une technique d’intelligence artificielle aurait servi à créer une fausse photo pour un compte LinkedIn destiné à espionner des cibles politiques. Selon Associated Press, la photo figurait sur le compte LinkedIn d’une certaine Katie Jones, une trentenaire à la chevelure rousse. Parmi ses 52 connexions figuraient des personnalités politiques de Washington, dont un sous-secrétaire d’État adjoint, le haut conseiller d’un sénateur et un économiste de premier plan dont la candidature était envisagée pour la Réserve Fédérale.

En dépit des affirmations selon lesquelles Katie Jones aurait travaillé pendant des années au Centre d’études stratégiques et internationales, le groupe de réflexion basé à Washington n’avait aucun dossier sur son emploi. De même, l’Université du Michigan n’a pu trouver aucune trace de son diplôme en études russes dont elle se disait titulaire. La raison est simple, cette jeune femme n’existe pas. Selon AP, Katie Jones fait partie d’une « vaste armée de profils fantômes » qui se cache sur le réseau social professionnel.

La photo semble avoir été créée à l’aide de réseaux antagonistes génératifs ou GANs. Il s’agit d’algorithmes d’apprentissage non-supervisé qui permettent de générer des images photoréalistes. Cette technique d’intelligence artificielle a gagné en popularité depuis son lancement en 2014. Étant donné que le programme crée une image unique, celle-ci ne peut pas être tracée en utilisant une recherche d’image inversée, une technique courante pour éviter diverses escroqueries sur Internet.

LinkedIn prisé par les espions

Selon des experts interrogés par Associated Press, l’activité du compte Katie Jones est typique des efforts d’espionnage sur LinkedIn. D’après William Evanina, directeur du National Counterintelligence and Security Center des États-Unis, les espions étrangers utilisent souvent de faux comptes sur le réseau social professionnel pour se rapprocher de cibles américaines. Selon lui, la Chine se livrerait à de l’espionnage « à grande échelle » sur LinkedIn. « Au lieu d’envoyer des espions dans un parking aux États-Unis pour recruter une cible, il est plus efficace de s’asseoir derrière un ordinateur à Shanghai et d’envoyer des demandes d’amis à 30.000 cibles », explique-t-il.

Le compte Katie Jones a depuis été supprimé et LinkedIn a déclaré qu’il ne tolérait pas les faux comptes sur sa plateforme. « Un faux profil est une violation flagrante de nos conditions d’utilisation », a déclaré Paul Rockwell, responsable du département Trust & Safety de LinkedIn. « Quand ils sont découverts, nous agissons rapidement pour les enlever. Nos membres viennent à LinkedIn pour avoir des conversations respectueuses et constructives avec de vraies personnes, et nous veillons à ce qu’ils aient un environnement sûr pour le faire. »

Source : Cnet.com