Un lien partagé sur Twitter ? Il provient sans doute d’un bot

 

Nous savons déjà que la présence des bots sur Twitter est significative. Mais un rapport publié lundi 9 avril par Pew Research Center suggère que les comptes automatisés sont plus fréquents qu’il n’y paraît.

Pew estime que les deux tiers, soit environ 66%, des liens partagés sur Twitter proviennent de bots plutôt que de personnes. La recherche porte sur les 2.315 sites Web les plus populaires et sur plus d’un million de tweets envoyés entre le 27 juillet et le 11 septembre 2017.

Des bots sans visées politiques

Les 500 comptes supposés automatisés les plus actifs représentaient 22% des liens twittés vers des sites populaires. En comparaison, les 500 comptes humains les plus actifs sur le service constituaient seulement 6% des liens twittés sur les mêmes sites.

Pew n’a pas trouvé de preuve de partialité politique parmi les bots présumés. Un porte-parole de Twitter estime cependant qu’il n’est pas possible de distinguer avec précision un compte automatisé d’un compte géré par un être humain.

Selon une étude universitaire américaine publiée en 2017, la part des bots est comprise entre 9 et 15% des comptes Twitter, plus que l’estimation officielle de la plateforme (5 à 8,5%). Tous les robots ne naissent pas égaux, observaient par ailleurs les chercheurs.

Certains bots se révélaient très complexes et pouvaient ainsi être identifiés comme humains. Autre facteur susceptible de compliquer l’identification des bots, les comptes Twitter ne se répartissent pas en deux catégories uniquement : bot ou humain.

Les universitaires qualifiaient certains comptes de cyborgs, c’est-à-dire combinant actions humaines et automatisées. Si les bots intéressent particulièrement les chercheurs et les politiques, c’est car ceux-ci sont soupçonnés de contribuer à la propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux.

Distinguer bots, humains et cyborgs

Mais une étude parue le mois dernier dans le magazine Science pondérait la responsabilité des bots dans ce phénomène. Sur Twitter, la fausse information se propage plus vite que la vraie. Oui, mais d’abord en raison du facteur humain.

 

L’étude constatait que les bots avaient tendance à répandre vraies comme fausses informations. La véritable différence s’effectue au niveau des humains. Si des informations trompeuses se diffusent, c’est d’abord du fait de l’action des humains, plutôt que des bots.

L’effet réseau des services en ligne exploités est directement mis à contribution. Entre toutefois également en ligne de compte un levier primordial : la psychologie humaine. En effet, la raison pour laquelle les fausses informations se propagent si aisément tient à leur capacité à retenir l’attention d’un plus grand nombre d’individus.

Pour autant, des bots interviennent bien aussi dans la propagation de fausses informations à des fins politiques. Twitter a identifié 13.512 comptes automatisés liés à la Russie dans l’affaire de l’ingérence dans la campagne américaine de 2016. Les « bots » sont également accusés d’avoir servi à jeter de l’huile sur le feu dans le débat sur les armes aux Etats-Unis après la fusillade qui a endeuillé un lycée de Floride.

Afin d’encadrer plus strictement l’utilisation des robots sur son service, Twitter a défini en février de nouvelles règles. « Que ce soit clair : Twitter interdit toute tentative d’utilisation de systèmes automatiques dans le but de publier ou diffuser des spams. »

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