US : les Républicains veulent se mêler de la transition de l’Icann

La nomination de Donald Trump comme candidat du Parti républicain à l’élection présidentielle n’est pas vraiment une excellente nouvelle pour les États Unis. Mais la campagne présidentielle pourrait également avoir un effet de bord sur le processus de transition de l’Icann. Le Parti républicain a en effet profité de sa convention nationale pour présenter son programme politique, qui résume les positions défendues ans divers domaines et donne les grandes lignes de ce que seront les thèmes abordés par le candidat au cours de la campagne présidentielle qui s’annonce.

Parmi les propositions du parti, un chapitre est ainsi baptisé « Protéger la liberté d’Internet » et critique sévèrement la politique menée par le président Obama en matière de gestion d’Internet, plus particulièrement la décision de donner le feu vert à une émancipation de l’Icann.

L’Icann est en effet une société américaine et dans l’état actuel des choses, son fonctionnement et sa gouvernance sont encore sous un contrôle étroit du gouvernement américain. Mais depuis plusieurs années, l’Icann amorce une transition vers un modèle qui se veut multipartite et indépendant, afin d’offrir une meilleure représentativité aux différents acteurs. Un processus long et complexe qui semblait pourtant arrivé dans une phase finale avec le congrès de Marrakech de cette année.

Make Icann great again ? 

Mais pour le parti, ce processus de transition n’est rien de plus qu’un abandon, conséquence de la politique menée par Obama à l’égard de l’Icann. Commentant la décision d’abandonner la mainmise du gouvernement sur l’organisation, le programme du parti explique qu’Obama « a jeté internet aux loups, la Chine, la Russie l’Iran et les autres, et ils sont prêts à le dévorer. » Le texte salue les sénateurs s’étant opposés à ce processus de transition et annonce sa volonté de poursuivre la lutte contre la politique menée par les Démocrates en la matière.

La position ne pourrait être qu’une simple posture politique visant à exploiter ce processus à des fins purement électoralistes. Mais comme le soulignait à ZDNet.fr Matthieu Weill, PDG de l’Afnic, une politisation du sujet à la veille des élections pourrait effectivement venir remettre en question le processus.

La France, à travers la secrétaire d’État Axelle Lemaire, a activement milité pour le développement de cette transition, mais si la question venait à prendre de l’importance dans le débat présidentiel américain, cela pourrait remettre une nouvelle fois en cause les efforts fournis pour avancer sur ce sujet. Comme l’explique The Register, plusieurs sénateurs républicains manœuvrent pour retarder la mise en place effective de ce processus de transition. Le seul moyen de stopper la transition en cours serait une de passer une loi au Congrès venant bloquer la machine, ce qui ne serait envisageable qu’en cas de victoire du candidat républicain.

Le sujet risque donc fort de ressurgir au cours de la présidentielle et pourrait avoir un impact sur le processus de transition. Celui-ci peut tout aussi bien passer inaperçu : le processus n’a pas besoin de l’accord du Congrès pour se poursuivre, mais son inscription dans le programme du parti conservateur laisse penser que le sujet pourrait revenir sur le devant de la scène au cours des débats.

A lire – Mathieu Weill, DG de l’Afnic : « Il faut qu’une nouvelle génération arrive à l’Icann » 

Go to Source


bouton-devis