USF 2018 : Comment renouer le dialogue avec SAP France

L’USF (association des Utilisateurs SAP Francophones) a organisé sa Convention à Lyon les 10 et 11 octobre 2018. Le nouveau DG de SAP France, Gérald Karsenti, y a fait son baptême en appelant à un dialogue franc et clair entre l’éditeur et ses clients avec un objectif de création de valeur pour tous.

Dernier DG de SAP France, Gérald Karsenti, présent à la Convention USF, est prêt à un dialogue franc avec les clients.

En direct de Lyon. La convention annuelle de l’USF (association des Utilisateurs SAP Francophones) a lieu à Lyon les 10 et 11 octobre 2018 sur le thème « La donnée au coeur des nouveaux usages ». Le deuxième jour a débuté par une série de plénières où Gérald Karsenti, nouveau Directeur Général de SAP France, a pris la parole devant 1500 clients et partenaires dans un contexte de fortes tensions entre l’éditeur et son écosystème. Pour Gérald Karsenti, c’est une première depuis son arrivée chez l’éditeur allemand, tout comme pour Gianmaria Perancin dont c’est la première année en tant que président du club.

En petits comités techniques, avant les plénières, les experts de l’éditeur ont présenté les évolutions et la roadmap des principaux modules. Cet aspect de la Convention marque tout de même le choix de l’éditeur d’entretenir des relations aussi bonnes que possible avec des clients envers qui il veut rester à l’écoute. Gianmaria Perancin a indiqué que l’affluence est telle à la Convention que certains participants n’ont pas pu assister aux ateliers de l’après-midi le premier jour, une évolution de la formule étant donc à l’étude.

Vers un dialogue franc SAP / Clients

Après IBM, Capgemini, HPE et Oracle, Gérald Karsenti est désormais directeur général de SAP France. Nommé en même temps, le nouveau président de l’USF, Gianmaria Perancin, a appelé à un renouvellement d’un dialogue constructif entre l’éditeur et les clients. Se réjouissant de la taille et de l’activité de l’USF, Gérald Karsenti veut dialoguer de manière efficace, franche et rapide en mettant les sujets qui s’imposent sur la table sans attendre, « même si on ne peut pas être d’accord sur tout, sinon c’est qu’on ne traiterait pas les bons sujets. »

Pour Gérald Karsenti, SAP, seul acteur européen de l’IT de taille mondiale avec une valorisation boursière de 150 milliards d’euros, apporte le fait d’avoir la bonne information au bon moment pour prendre la bonne décision. Présent dans la majorité des entreprises dans le monde, les produits SAP traitent 77 % des transactions. Avec SAP Hana, ces transactions deviennent du temps réel. Deux milliards d’euros vont être investis en France pour poursuivre l’innovation. « Cela implique que nous ayons des résultats de courts termes pour justifier de tels investissements dans la cinquième filiale mondiale de SAP » a relevé Gérald Karsenti. Face à la disruption par des acteurs entrants, des acteurs traditionnels tels que SAP ont l’obligation à la fois d’innover pour rattraper les disrupteurs mais sans perdre la capacité d’industrialisation et la relation de confiance, pour créer de la valeur pour les clients.

La relation de confiance doit être pour créer de la valeur à la fois à court et moyen terme. Gérald Karsenti a insisté sur le nécessaire partage des histoires de création de valeur entre entreprises. SAP veut contribuer à ce partage et à la création de valeur chez ses clients, en co-investisseur. Bien entendu, le DG reconnaît la nécessité pour les clients, eux aussi, de recevoir un retour sur leurs investissements dans SAP. Une division spécifique vient d’être créée dans SAP France dédiée à l’écosystème des intégrateurs, partenaires de cette création de valeur.

Innover, c’est rêver et transgresser

Intégrer des ERP, ce n’est pas vraiment l’innovation, sujet qui préoccupe les entreprises aujourd’hui. Coach, psychanalyste et enseignant mais aussi ingénieur avec quinze ans d’expérience dans la gestion des transformations d’entreprises, Alexandre Tissot a présenté « Transformation(s) ». « Le symbole de la transformation -mot que tout le monde utilise- est l’iceberg : il y a ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas » a-t-il soutenu. La transformation de notre monde, c’est d’abord le passage, comme valeur phare, de l’excellence opérationnelle à l’innovation. Le changement de paradigme moins visible est celui de la gestion planifiée de process compliquée à un monde complexe. La complexité aboutit à un découpage en problèmes simples que l’on tente de résoudre unitairement, ce qui génère d’autres problèmes. Et au final, même en saupoudrant de datas, ça échoue.

Alexandre Tissot a appelé à mener de réelles transformations.

Une autre modification, c’est que la taille compte moins que l’agilité. Comme Alexandre Tissot a déclaré : « avant, les gros poissons mangeaient les petits, maintenant, les rapides mangent les lents, sans considération de tailles. Les organisations doivent être à la fois efficace et innovante. » Trop souvent, les organisations ont deux directions différentes pour gérer l’efficacité opérationnelle et l’innovation, ce qui aboutit à des contradictions. Il faut gérer les deux ensemble. Il faut assumer la nécessité du chaos, de la réelle transformation qui s’appuie sur trois axes : la relation (par opposition au leadership et au sauveur), la durabilité (ne pas s’opposer à la résistance au changement mais faire savoir où aller) et la frugalité (motivations individuelles et transgression plutôt que gros investissements).

Innover, c’est rêver à ce qu’il faut faire, pas cauchemarder sur les risques qui se réaliseront à force de se focaliser dessus. Alexandre Tissot a ainsi rappelé : « les tournesols n’ont pas besoin de chef pour savoir se tourner vers le soleil. Comme disait Steve Jobs, nous embauchons des gens intelligents pour qu’ils nous disent quoi faire. » Et innover, c’est évidemment risquer et donc accepter l’échec. Deux grands philosophes ont été invoqués en appui de la démonstration : Céline Dion (« On ne change pas ») et Johnny Hallyday (« Qu’on me donne l’envie »).

S’envoler jusqu’au bout

« Il est de tradition, à l’USF, que le dernier conférencier nous fasse prendre de la hauteur, ce qui est particulièrement vrai cette année » a indiqué Gianmaria Perancin. Il s’agissait en effet de Virginie Guyot, ancienne pilote de chasse et Leader de la Patrouille de France en 2010. Intervenue sur le thème « La confiance et le collectif au coeur de l’excellence », elle reste à ce jour la seule femme dans le monde à avoir dirigé une patrouille acrobatique nationale. Elle a su emmener les participants dans les hauteurs, dans une équipe qui porte notre fierté nationale avec une obligation de prendre collectivement la meilleure décision instantanément pour une simple question de survie.

Virginie Guyot reste à ce jour la seule femme dans le monde à avoir dirigé une patrouille acrobatique nationale.

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