XCOM 2 : rejouabilité et personnalisation, la clé du succès ?

La guerre vue du ciel

Et on en vient naturellement au dernier point qui lie finalement tout le reste : les missions et leurs champs de bataille. Ou leurs terrains de jeu, c’est selon le point de vue. Tout comme dans le précédent volet de la franchise, chaque zone dispose de plusieurs variations. Résultat des courses : si vous sauvegardez votre partie avant de lancer une mission spécifique et que vous décidez de la recharger pour recommencer, vous n’aurez pas la même configuration de terrain. N’espérez donc pas tester une stratégie pour la changer dans une seconde tentative, XCOM 2 vous en empêchera.

Du coup, chaque mission est un saut dans l’inconnu. Le terrain se révèle au fur et à mesure de l’avancée des soldats, et le joueur, le commandant, le découvre en même temps. Etant donné que les ennemis sont plus nombreux, et généralement plus dangereux que dans XCOM : Enemy Unknown/Within, mieux vaut avancer très prudemment, quitte à sacrifier des déplacements lors des premiers tours.

C’est là que la combinaison des soldats-spécialistes, montés en grade, et de la personnalisation poussée – qu’on met alors en lien avec une certaine empathie pour ses troupes – place le joueur dans une situation délicate : celle de vaincre sans perte. Bien évidemment, d’aucuns diront que c’est de toute façon l’objectif de base dans un tel jeu. Mais XCOM 2 offre une combinaison d’arguments et de procédés de gameplay qui poussent cette volonté d’aller au bout avec tout le monde un peu plus loin que d’ordinaire.

XCOM 2

Pour corser le tout, le nombre de sauvegardes au coeur d’une mission est limité et plus on sauvegarde, plus on écrase les fichiers précédents, empêchant de faire machine arrière toute. Une dimension qui varie cependant selon le mode de difficulté sélectionné, mais celui proposé à la base offre un challenge qui sera suffisant à bien des joueurs – les plus connaisseurs pourront se tourner vers le mode Iron Man, qui ne tolère en tout et pour tout qu’une seule sauvegarde par mission.

Autre joyeuseté du genre : même si vous soignez à fond un soldat blessé au combat, il sera en convalescence à son retour à la base, parfois pendant de très, très longs jours… si vous êtes du genre proche de vos troupes, recomposer une équipe le temps que tout le monde se requinque virera peut-être au crève-coeur. Mais vous comprendrez bien vite que vous n’avez pas de temps à perdre et que chaque instant compte pour éviter le game over.

Un jour sans fin, mais en différent

Les joueurs qui ont déjà goûté à XCOM : Enemy Unknown/Within le savent bien : rien n’est jamais acquis, et une maladresse peut coûter cher, aussi bien au coeur d’une mission que dans la partie gestion de base. On n’est jamais à l’abri d’un événement aléatoire qui va venir perturber des plans pourtant bien ficelés. Et si vous oubliez de suivre d’un oeil averti les projets des extraterrestres, principalement le mystérieux projet Avatar, vous êtes cuit. Ajoutez à cela les patrouilles aliens qui cherchent activement à vous mettre des bâtons dans les roues et les choix parfois cornéliens imposés par les missions de sauvetage, et vous obtenez un titre qui fait tout pour mettre vos nerfs à rude épreuve.

XCOM 2

S’il est possible de sauvegarder souvent au cœur de la base, il arrive cependant que les erreurs soient effectuées bien trop tôt dans la partie, ou bien soient difficiles à identifier. Dans ce cas, mieux vaut, souvent, redémarrer de zéro après avoir appris de ses erreurs. Le jeu ne pardonne d’ailleurs pas grand-chose et on peut se retrouver en situation d’échec définitif après de longues heures de jeu parce qu’on paie une erreur stratégique survenue plusieurs heures avant. Mais, une fois encore, tout ceci fait partie intégrante des mécanismes du jeu, auxquels il vaut mieux rapidement adhérer au risque d’une très grande frustration !

Et l’ironie de la situation c’est que, même si l’on a identifié les raisons de l’échec d’une précédente partie, rien ne dit qu’on saura les contourner lors d’une nouvelle session… puisque là encore, les mécaniques de rejouabilité assurent de ne pas vivre deux fois la même expérience.

XCOM 2

Le début d’une grande aventure

Résolument plus complet, mais également plus équilibré que son prédécesseur, XCOM 2 s’annonce comme l’un des jeux de stratégie les plus riches de l’année. Firaxis a affûté le gameplay, qui était déjà bien exigeant, d’une franchise qui en a clairement sous la semelle et le prouve d’une manière efficace.

Mais avant de se lancer, mieux vaut être conscient dès le départ du caractère sévère du titre, qui ne pardonne pas grand-chose, histoire de ne pas être frustré par un jeu dont l’expérience riche et immersive se dévoile à travers bien plus qu’un simple run rondement mené. Vous êtes prévenu !